Le Baobab au Bénin

En Afrique, le Baobab est souvent considéré comme un arbre mystique en raison des pouvoirs et vertus qu’on lui prête. Vous imaginez bien qu’au Bénin, c’est encore plus vrai, le baobab aurait de nombreuses vertus et usages notamment thérapeutiques et alimentaires. Il est aussi considéré comme un arbre fétiche craint et vénéré à la fois.

Aussi connu sous son nom scientifique de Adansonia digitata, le baobab africain est de la famille des Bombacacées selon la classification classique, ou des Malvacées selon la classification phylogénétique. On retrouve cet arbre géant dans plusieurs pays africains dont le Bénin.

Baobab Bénin
Baobab Bénin

En effet, Au Bénin, le baobab est peut-être l’arbre le plus connu. Chez nous en langue fon c’est le Akpassatin. Il est hautement valorisé et fait objet de culte dans les milieux ruraux. Il est très connu par la population car il fait partie de l’histoire ancestrale du pays.

On le retrouve souvent dans des savanes, les zones arides et les zones côtières. Il est aussi appelé arbre bouteille à cause de sa forme. La forte présence du soleil en Afrique le fait croître lentement. Il a une durée de vie qui peut dépasser même la centaine s’il est bien entretenu. C’est d’ailleurs cette raison qui pousse plus d’un à comparer la santé physique à l’état et à la force de cet arbre. Vous entrendrez souvent dire lors des conversations :  » J’ai une santé de baobab ».

La composition chimique des différentes parties du baobab et leurs vertus

La feuille de baobab est énormément riche en minéraux : fer, manganèse, phosphore, calcium, potassium, magnésium et zinc mais aussi en protéines. Elle contient aussi, avec 9% de mucilage, des tanins catéchiques et de la vitamine C. il y a 30% de matières pectiques dans la pulpe du fruit, ainsi que des sucres ; de l’acide citrique, malique, du calcium, des vitamines et des aminoacides qui sont des acides organiques. Aussi, elle a abondamment de richesse en acide ascorbique (vitamine C, 2500 à 3000 mg/kg), soit  6 fois supérieure à celle que contient une orange.

L’acide ascorbique est très efficace sur le plan nutritionnel et thérapeutique. Sa pulpe est composée aussi des quantités importantes des vitamines essentielles comme la Thiamine (vitamine B1), la riboflavine (vitamine B2) ou encore la niacine (vitamine B3 ou PP). Le goût acidulé de la pulpe est dû aux acides organiques tels que l’acide citrique et l’acide tartrique. Cette acidité ressemble plus à celle du raisin sec. Ces acides sont utilisés au Bénin par les Peuhls pour faire coaguler le lait des vaches. 

Dans  le fruit du baobab, il y a du glucide  en taux important, de protéines et de lipides. Elle permet également d’obtenir de vitamine C. Enfin, elle contient des fibres en très bonnes quantité. C’est pour cette raison que plusieurs groupes pharmaceutiques et des industrielles exploitent les composantes du baobab. C’est le cas par exemple de la start-up française Matahi qui, au Bénin, fabrique et commercialise une boisson énergétique faite à base des jus de fruits de baobab.

Les vertus nutritionnelles du Baobab

Le baobab est un arbre très utile à l’homme grâce à ses feuilles, la pulpe de ses fruits et ses graines très nourrissantes car composées de nombreux oligoéléments et vitamines. 

Son écorce offre des fibres très solides pour confectionner des cordes. Grillées, les graines de baobab peuvent remplacer le café. Ces graines sont utilisées pour la fabrication de savon et d’engrais en raison de sa richesse en phosphate. Certaines boissons sont faites à base de la pulpe des fruits frais ou séchée. Pour ce qui est des jeunes pousses et des racines des jeunes plants, elles sont consommées comme des asperges. Il est important de savoir  que la pulpe du fruit du baobab contient deux fois plus de calcium (380 mg/100g) que le lait demi écrémé.

Elle est deux fois plus riche en vitamine C que le jus d’orange, avec près de 190 mg de vitamine C pour 100g (contre 50 mg). Sa capacité antioxydant flirte avec celle du jus de raisin. Elle contient quatre fois plus d’énergie que la banane : 387 kcal pour 100g (contre 87 kcal). Au nord Bénin, la poudre de feuilles de baobab séchées ou « laalo », riches en calcium et en fer, est incorporée aux céréales ou aux sauces, notamment lors de la préparation du couscous de mil. Enfin, la pulpe de baobab peut être brûlée pour fumiger les insectes qui infectent le bétail domestique. Les écorces servent à la fabrication de corde d’instrument de musique, cordages, liens, filets, nattes, teinture rouge.

Les vertus thérapeutiques du Baobab ?

Partout au Bénin, du Nord au Sud, les différentes parties du baobab que sont : racines, tronc, écorce, feuilles, pulpe, graines sont exploitées par les populations surtout rurales pour des besoins nutritionnels, thérapeutiques, et dans la pharmacopée africaine. Dans cette pharmacopée traditionnelle, le baobab est souvent utilisé dans la fabrication et la préparation de nombreux remèdes pour des problèmes digestifs et pour ses vertus qui luttent contre les maladies inflammatoires. 

Les feuilles de cet arbre ont des vertus importantes sur la santé humaine. On retrouve donc dans ses fruits du mucilage et de la gomme très efficaces dans la lutte contre la dysenterie. Elles sont diurétiques, diaphorétiques, toniques et généralement utilisées contre la fièvre, la diarrhée, la dysenterie, les coliques, le lumbago ou l’ophtalmie, le ver de Guinée, les infections urinaires. Elles sont aussi utilisées contre l’asthme. Les écorces fébrifuges luttent contre l’inflammation du tube digestif, le paludisme comme les racines, la carie dentaire, le rachitisme, l’anorexie et le lumbago.

La pulpe du fruit cicatrisante et fortifiant pour l’enfant, traite la diarrhée, la dysenterie, l’inflammation de l’intestin et du foie. Les fibres rouges emménagogues sont utilisées pour traiter l’aménorrhée chez la femme. Les graines galactagogues sont considérées comme remèdes dans le traitement de la carie dentaire, la gingivite, le paludisme, la rougeole et la gastrite. La sève est indiquée pour stopper la carie dentaire. La gomme utilisée comme désinfectant pour les blessures, demeure efficace dans le traitement des maux de dents.

Le baobab chez différentes ethnies du Bénin

Les valeurs culturelles, mystiques et religieuses attribuées au baobab sont reconnues et respectées  par les différents groupes ethniques qui composent la nation béninoise. 

En effet, au sud Bénin notamment chez les Fons et les Yorubas, les deux ethnies les plus dominantes, tous les pieds de baobab servent d’abris aux mauvais esprits. Ces pieds font donc souvent l’objet de méfiance. C’est la raison pour laquelle ces populations ont moins de connaissances sur cet arbre par rapport à celles du Nord Bénin pour qui cet arbre fait partie de leurs vies socio-culturelles. 

Au nord chez les Otamari, c’est le « Fa » qui aide à connaitre le caractère divin ou non de l’arbre. Il propose en conséquence le sacrifice à faire en fonction du milieu et des circonstances. Pour cette Ethnie, tous les baobabs ne sont donc pas des divinités. Ceux qui le sont se matérialisent par des morceaux de bois de Diospyros mespiliformis ou de Gardenia erubescens et/ou des morceaux de pierres. Aussi, dans ce milieu, pour que la campagne agricole soit belle, la population fait un don de premières semences au baobab pour son aide. C’est pareil aussi lorsque les épidémies ou malheur quelconque sévit dans la zone. Un sacrifice est fait à la fin des rituels.

Chez les Dendi, toujours au Nord Bénin, un rituel est organisé chaque année au pied du baobab par les populations pour invoquer les dieux de la pluie en début de la saison agricole. 

Chez les Djerma toujours au Nord, les guérisseurs traditionnels ont tous un pied de baobab qui les aide pour des consultations. Il est également utilisé pour des cérémonies de mariages et de baptêmes. Ainsi pour la préparation des différents mets à servir aux invités lors des cérémonies, la pulpe et les feuilles de baobab sont souvent utilisées. 

Sources :
Wikipédia, Xalima.com
Extrait de « Connaissances ethnobotaniques et valorisation du baobab (Adansonia digitata) pour la sécurité alimentaire des populations rurales au Bénin » – A.E. Assogbadjo, J.T. C. Codjia, B. Sinsin, P. Van Damme – Plant genetic resources and food security in West and Central Africa – 


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Flore, Nord Bénin


À propos de l'auteur

Lionel

Auteur du blog Visiter le Bénin. Lit beaucoup, adore voyager et ne passe pas une journée sans apprendre quelque chose.


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